Badal Fohmoh

Conflit au sommet du football camerounais

Nommé nouveau sélectionneur de l’équipe nationale du Cameroun par le ministère des Sports et de l’éducation physique (Minsep), Marc Brys a débarqué au pays malgré l’imbroglio entourant sa situation. Un choix qui a provoqué la surprise générale.

La Fecafoot de Samuel Eto’o a constesté la nomination, le 2 avril dernier, du belge Marc Brys à la tête de la sélection fanion des lions. Décision qui, selon l’instance, relève de ses prérogatives.
Outre le technicien belge, plusieurs personnalités nommées pour rejoindre l’encadrement de la sélection entretiennent des relations connues mauvaises avec Samuel Eto’o. Parmi eux, les anciens internationaux Alioum Boukar et François Omam-Biyik, qui intégreront le staff technique de Marc Brys, avaient déjà occupé ces fonctions sous la direction du sélectionneur portugais Antonio Conceiçao.

Invoquant le décret présidentiel du 26 septembre 2014 portant organisation et fonctionnement des sélections nationales, la Fecafoot estime que la gestion sportive, technique et administrative de celles-ci relève de sa compétence. La position ferme de la Fecafoot n’a cessé de faire réagir le ministère des Sports.

Alors que tout le monde faisait débat sur la loi locale, qui est dans son droit ou pas, il était important d’évoquer la notion d’ingérence et le fait que la FIFA ne tient pas compte du tout des lois locales. La FIFA a interpelé la Fecafoot sur les mécanismes de nomination de l’encadrement technique et administratif de la sélection A masculine et la Fecafoot s’engage à mettre en œuvre les recommandations.

Certains semblent oublier que chaque association membre de la FIFA se doit de jouir d’une indépendance et d’une autonomie qui la préserve de toute ingérence indue de la part de tiers, qu’elle soit étatique ou autre. Les associations membres de la FIFA sont statutairement tenues de gérer leurs affaires de manière indépendante et sans influence indue de tiers.

Quelques heures après le rappel à l’ordre de la FIFA concernant la confusion entourant cette nomination, le secrétaire général de la Fecafoot a publié une décision du comité d’urgence de l’instance fédérale. Ce communiqué présente le nouveau staff technique des Lions Indomptables, proposé par la Fecafoot. Le 8 mai dernier, la Fecafoot a dévoilé sa liste à la suite d’une session d’urgence du comité exécutif. Le bras de fer se poursuit donc entre les deux instances (Minsep – Fecafoot) après les lettres du 7 mai, un nouveau rebondissement entre dans l’arène avec cette liste de la Fecafoot.

Le comité confirme Marc Brys comme sélectionneur et ses assistants au regard « des sacrifices financiers déjà consentis par le gouvernement pour faire venir une expertise étrangère dans un souci d’apaisement ». Le reste du staff préalablement nommé par le ministre, a été remplacé.

Dans le respect de la correspondance de la FIFA, qui stipule que « Les décisions relatives au recrutement des membres des structures d’encadrement doivent rester exclusivement du ressort du comité exécutif de la Fecafoot », le comité d’urgence a nommé de nouvelles personnes pour travailler aux côtés du technicien belge.

Mouelle Kombi contraint à l’abandon ?

Quelques heures après la publication de ce staff technique, la FIFA a rapidement mis à jour l’encadrement technique des Lions sur son site internet, en se basant sur les choix de Samuel Eto’o. Cette action confirme que les dirigeants du football mondial approuvent ce staff technique, car ils ne travaillent qu’avec les fédérations et non les gouvernements.

Face à ce fait, le ministre des Sports, représentant du gouvernement camerounais, est systématiquement contraint de suivre et d’approuver les choix de la fédération. Cependant, le Pr Mouelle Kombi conserve une carte maîtresse pour prolonger cette confrontation. « Le gouvernement, en tant que pourvoyeur des salaires des membres de l’encadrement technique, a un droit de regard sur leur désignation », ainsi paraphrase le Minsep.

En attendant la réponse de l’équipe de Kombi, la FECAFOOT a sollicité le Ministère des Sports pour la création d’un comité de travail et de réflexion sur la convention MINSEP/FECAFOOT concernant la gestion technique de l’équipe nationale de football du Cameroun.

D’une bataille à l’autre, la lutte pour la désignation de l’encadrement technique de l’équipe nationale du Cameroun atteint son paroxysme.

Mon commentaire

Cette situation a permis à tous de découvrir les textes qui encadrent le football 237, et en particulier l’équipe nationale. Cela me permet surtout de comprendre que les ministres peuvent bosser s’ils veulent.

Pas de Mourinho, Conceicao, Renard ou encore SaintFiet. Quand je lis certaines réactions, je me demande si on est vraiment réalistes ? Qui voudrait diriger cette sélection dans l’état actuel surtout quand on voit ce qu’il se passe tout autour ?

Marc Brys allait-il diriger les Lions Indomptables, nommé dans le dos de la Fecafoot d’après elle ? Pour moi, la question fondamentale était de savoir comment définit-on l’ingérence ? Le pouvoir politique ne peut pas exiger la démission ou le départ d’un dirigeant d’une fédération, mais peut-il contourner la Fecafoot sur ces nominations ?

Les conséquences de l’ingérence, j’imagine que tout le monde en est conscient… Alors : ingérence ou pas ? Quand c’est le dirigeant d’une fédération, c’est ingérence. Qu’en est-il pour un coach et un staff ?
Il faut surtout intégrer qui emploie pour quel projet sportif qu’on nomme ? Qui signe le contrat ? Si on est dans une mise à disposition, rien n’indique qu’elle s’impose parce que les deux entités ne peuvent ramer à contre-courant.

Mais, je me demande toujours comment un professeur agrégé de droit public peut-il vraiment être en train d’expliquer aux camerounais que le principe de légalité de l’action administrative compte pour du beurre et que le gouvernement peut donner aux actes réglementaires le sens qui lui plaît, fût-il illégal ?

On en rit ?

Le ministre et le militant ont déshabillé l’agrégé, c’est incroyable.

Si le Ministre était si convaincu de la légalité de la convention qu’il invoque avec frénésie, il n’aurait pas besoin de motiver l’opération réalisée en brandissant tour à tour :

  • les hautes instructions
  • la nécessité impérieuse de redorer le blason de l’équipe nationale
  • les piètres performances de l’équipe sous l’ancien sélectionneur
  • la cherté des offres proposées par la fédération
  • la règle inédite selon laquelle l’État recrute parce qu’il paye.
  • Imminence de compétitions

Au contraire, je trouve qu’il devrait au moins avoir honte pour plusieurs raisons :

  • le passé dont il évoque dans son corpus, la fédération était consultée et donnait son avis. C’est pourquoi il n’y avait pas de bruits.
  • cette fois, du fait des griefs avec Samuel, ses amis et lui, veulent absolument écarter ce dernier du processus
  • Mr le ministre est censé maîtriser parfaitement la notion de la hiérarchie des textes en droit en tant que juriste chevronné
  • le président de la République n’a nullement dit dans son discours d’écarter la Fecafoot du processus.
    Par conséquent, je crois au possible processus avec la Fecafoot comme acteur majeur.

Tout ce qu’évoque le ministre n’est que poudre aux yeux parce qu’au fond ce sont des arguments d’autorité, car il est bien conscient que la prétendue légalité de la convention qu’il excipe ne résiste pas une seule seconde au contrôle de légalité.

« Lex posterior », « Lex spexialis ». Mdr !

L’agrégé aurait-il oublié (niveau L1) que la lex posterior/lex specialis n’évincent ou ne dérogent à la lex priori/lex generali que si (1) elles lui sont égales ou supérieures et (2) qu’elles sont conformes à la hiérarchie des normes ?

Comment peut-on faire passer une « convention » entre un démembrement de l’État (acte contractuel) au-dessus d’un Décret (acte réglementaire) ?

On est chez les fous au Cameroun c’est vrai mais il est parfois bon de rappeler les principes avant de convenir de les piétiner.

Qu’ils cessent de nous prendre pour des demeurés !
Ma tristesse ici, c’est qu’il s’agit de l’argent public, l’argent payé par les camerounais à la sueur de leur front.

Sinon, comment comprendre qu’un ancien conseiller spécial du président de la République, agrégé de droit public, chef traditionnel d’une grosse communauté, à moitié chauve, et à la moustache noircie, se retrouve dans un pugilat de bas de gamme sur la place publique ? Avec qui ? Un ancien footballeur mon Dieu !

De tout ce spectacle, l’une des leçons essentielles que je retiens au moins est que le gouvernement peut donner des explications des actes qu’il pose. Mais pourquoi ce n’est toujours pas le cas quand cela concerne la population ?

Un professeur qui choisit un entraîneur devant un ancien footballeur, je le vois comme un chirurgien qui vient expliquer la maçonnerie à un ingénieur en bâtiment. Ça résonne dans ta tête ? Rire. Il n’y a qu’au Cameroun que c’est possible.

On parle comme ça, peut-être Marc ambitionne de briss avec les lions hein ? (rire). En toute objectivité, si c’était moi l’entraîneur, j’aurais déjà démissionné. Comment vendredi, je suis avec mon équipe nommée par le MINSEP. Et lundi, je fais la photo avec mon équipe nommée par la FECAFOOT ? (rire)

Je pense que Marc Brys a compris hier la phrase : « Si on t’explique le Cameroun et que tu comprends c’est qu’on ne t’a pas bien expliqué. » (MDR.)

Marc Brys et son staff nommé par la Fecafoot. Crédit : Raphaël Manyaka (avec son consentement)

À défaut d’accepter ce staff proposé par la Fécafoot, j’espère que tu n’as pas besoin d’être un églisien pour conclure avec moi que le ministre expose le Cameroun à des sanctions pour ingérence politique dans la gestion de l’équipe nationale. Et par conséquent, une suspension du Cameroun pour les prochaines échéances. Que dit le président Paul Biya ?

À propos, la guerre des Kombi est-elle terminée ? Ou alors, c’est clair que Eto’o a Brys sans ses Kombi ?

Donne-moi ton avis en commentaire…


Nowhere, le film de survie insolite

Sorti au cinéma le 29 septembre 2023, ce thriller réalisé par Albert Pinto est un excellent film en mode survival maritime à l’espagnole.

Pas très en forme ces dernières semaines, j’ai décidé de vaincre le syndrome de la page blanche en retrouvant une vieille habitude : aller sur Netflix mater un film. Je suis tombée sur Nowhere.

Ce film m’a littéralement scotché du début jusqu’à la fin. Tu te laisseras rapidement happé par cette histoire incroyable qui te rappellera à quel point tes problèmes sont insignifiants par rapport à ceux que d’autres peuvent vivre. Anna Castillo est véritablement incroyable dans ce rôle. Par contre je le déconseille fortement au claustrophobe…

L’histoire du film

Nowhere ou plutôt Nulle part en français est un K-drama comme je les aime. C’est un magnifique huis-clos pour survivante. L’héroïne, (incarnée par Anna Castillo) est enceinte et dérive dans un container en pleine mer. Elle doit survivre pour elle, pour son bébé, pour le père de son enfant. Ne te contente pas des quinze premières minutes pour juger ce film. Va jusqu’au bout. Il met en lumière la capacité extraordinaire de l’être humain à faire face à des situations désespérées et à persévérer même dans les pires circonstances.
Le film est rythmé, on ne s’ennuie pas une seconde. L’héroïne est attachante, pleine d’amour et de rage de vivre.

Si tu traverses des moments difficiles, très difficiles, je te recommande vivement Nowhere. Émotionnellement, tu seras touché et cela va créer sûrement un déclic en toi afin de ne pas baisser les bras dans l’adversité à laquelle tu es confronté.

Bande-annonce du film Nowhere. C: YouTube/Netflix

Les enseignements tirés du film

J’ai retenu pour toi sept leçons de vie que nous enseigne ce film disponible sur Netflix :

#1- Sois mentalement fort

Dans les moments de doute, souviens-toi de la puissante force intérieure qui t’habite. La vie peut te confronter à des défis apparemment insurmontables, mais en puisant dans cette force, tu peux surmonter l’adversité avec une résilience inébranlable. Sois résolu, persévère, et laisse cette force te guider à travers les ténèbres vers la lumière.

#2- Entretiens tes rêves contre vents et marées

Ne laisse jamais tes rêves s’enfuir, même lorsque le chemin semble sinueux et incertain. La persistance est la clé qui ouvre les portes insoupçonnées du succès.

Quels que soient les obstacles qui se dressent devant toi, continue à avancer avec détermination. La persévérance peut transformer les impasses en opportunités éclatantes.

#3- L’amour d’une mère est unique

Oui, l’amour et le dévouement d’une mère sont uniques, mais leur pouvoir transcende les frontières de la famille. En observant cet amour, tu peux apprendre à aimer profondément et à te sacrifier pour ceux qui te sont chers. Je suis parent et je peux te le confirmer.

Lorsque tu donnes et reçois cet amour, il devient une source inépuisable d’inspiration pour accomplir des réalisations extraordinaires. Penses à la mère qui surmonte tout pour protéger son enfant. Cet amour inconditionnel peut être la clé qui déverrouille le potentiel illimité qui sommeille en toi.

#4- La nature est une excellente source d’inspiration

La nature nous offre une sagesse inestimable. Prends le temps de t’immerger dans la beauté de la nature, car elle a le pouvoir de calmer notre esprit et de nous inspirer. En prenant soin de notre environnement naturel, nous contribuons également à la création d’un monde meilleur pour les générations futures. Chaque souffle de vent, chaque chanson d’oiseau, chaque coucher de soleil sont des rappels de la sagesse intemporelle de la nature.

#5- Honore tes engagements

Tes promesses sont le reflet de ton intégrité et de ta réputation. Ton honneur réside dans la parole donnée et dans la capacité à tenir tes engagements. Tiens toujours tes promesses, car elles sont un testament de ta parole et de ton honneur. Lorsque tu respectes tes engagements, tu élèves ta propre valeur morale et inspires la confiance chez les autres.

Dans un monde où le mensonge est devenu « normal » et la vérité « bizarre », on a du mal à expliquer la notion de l’honneur aux enfants, et si je devais transmettre ne serait-ce qu’une seule qualité à mes enfants au delà de toute autre ce serait celle-là. Le pire c’est que la question ne devrait même pas se poser. Mais hélas !

#6- Profite de chaque instant à fond

En savourant pleinement chaque expérience, tu t’imprègnes de gratitude et de joie. Cette attitude de pleine conscience transforme les moments ordinaires en souvenirs inestimables. La vie se compose d’une série de moments, et chaque moment est précieux. Alors, vis le pleinement !

Chaque jour est un cadeau précieux, une opportunité de vivre, d’aimer, et d’être reconnaissant pour les petits miracles qui jalonnent ton chemin.

#7- La connexion est réelle

N’oublie jamais que nous sommes tous connectés, que nos actions et nos paroles ont le pouvoir de changer la trajectoire de la vie d’autrui. Un acte de bonté, aussi humble soit-il, peut illuminer la vie de quelqu’un d’autre.

Mon commentaire

Je ne vais pas faire la liste de tous les films de survie insolites (rire). Nowhere est une belle réussite ciné.
Huit-clos glacial saisissant, puissant en tension, en émotion, en créativité. Je me suis rapidement laissée embarquer dans ce périple avec une jeune mère pleine de ressources et d’inventivité pour sauver sa vie et celle de son nouveau né, avec très peu de moyens et des chances d’échec critique. Peut-être parce que je suis une mère ? Je ne sais pas.

Sinon, après le cercueil, la voiture, le télésiège et bien d’autres, j’ai regardé « Nowhere » qui se déroule dans un conteneur d’expédition (mon Dieu !). Si encore, il ne s’agissait que d’un caisson, mais celui-ci se trouve au milieu de l’océan… Les scénaristes ont pris le temps d’amener la situation en évoquant le monde dans lequel se déroule l’histoire au lieu de simplement balancer cette grosse boite à l’eau.

Capture d’ecran d’une scène où l’actrice est apeurée. C: Badal Fohmoh

J’ai donc suivi donc Mia, interprété par Anna Castillo, qui doit trouver un moyen de ne pas couler et de survivre tout en espérant que quelqu’un la trouve au milieu de nulle part. Pour pimenter encore plus les choses, Mia est enceinte et doit donc encore plus faire attention. Ernest Riera, qui a notamment coécrit les deux « 47 meters down » n’épargne rien à l’héroïne. J’ai été captivée par les mésaventures d’une jeune femme enceinte dans un futur où le totalitarisme tue et assassine le peuple. L’impuissance, l’isolement, la peur, autant de sentiments ressentis par Mia qui fait preuve d’une grande débrouillardise face à l’adversité. Je ne pouvais pas imaginer tout ce qu’elle allait faire avec un conteneur aussi vide… Son but : rejoindre l’Irlande, seule Eldorado.
Je suis passée des facilités ou incohérences scénaristiques (des détails totalement absurdes comme une batterie de téléphone portable qui dure 9 jours quand la mienne dure à peine 9h, un réseau 5G de ouf disponible en plein milieu de l’océan quand souvent, je ne capte rien au centre ville et le meilleur pour la fin, un conteneur criblé de balles, qui prend l’eau de partout mais qui flotte parce qu’on bouche les trous avec du ruban adhésif hahahahaha).
Au moins, il se passe beaucoup de choses même si c’est tiré par les cheveux. S’il est un poil trop long, « Nowhere » est un survival sous tension plutôt pas mal et porté par une convaincante Anna Castillo.

Capture d’écran d’un assemblage de photos des scènes qui m’ont marquées. C: Badal Fohmoh

Ce film est pour moi quasi parfait dans le genre survival. Passionnant, bien joué, bien écrit, avec une belle bande son. Bref : un film à ne pas oublier quoi.

J’ai trouvé le scénario assez intéressant; ce n’est pas le film de l’année, mais la construction est astucieuse et plutôt innovatrice.

J’espère que tu le kifferas également.
D’ici là, prends grand soin de toi !

Avec toute mon affection, Badal.

C:Badal Fohmoh


Un musée, une histoire: celle du peuple Bamoun

Une nouvelle page de l’histoire Bamoun s’est écrite le 13 avril dernier. Le musée des rois a été inauguré à Foumban, par le Ministre des arts et de la culture Pierre Ismael Bidoung Kpwatt représentant personnel du chef de l’Etat.

Malgré ma présence à l’Ouest du pays, je n’ai pas pu y faire un tour. Car très occupée pour des affaires familiales à la chefferie supérieure Fotouni.

Néanmoins, je sais que c’était une cérémonie très courue. L’œuvre culturelle gigantesque et fort symbolique est désormais l’abri de l’histoire et de tous les objets d’art de ce peuple. Pour l’histoire et en cadence d’honneur, le musée des rois par un coup de ciseaux a pris l’onction officielle.

Invités et fils Bamoun à l’esplanade du musée. C : Le grand Noun via Facebook

L’architecture incarne les armoiries de ce peuple guerrier. La cloche à double gongs à l’entrée, un contour fait de serpent bicéphale et l’araignée au dessus.

Même s’il a fallu un peu plus de 11 ans pour y arriver, permets-moi de te conter l’histoire du serpent à deux têtes, symbole de ce musée.

Au commencement, était le royaume BAMOUN

Situé dans les montagnes de l’Ouest Cameroun, particulièrement dans le département du Noun, avec pour chef-lieu Foumban, ce royaume a été fondé dès le XIVème siècle par une dynastie d’origine Tikar.
Le roi Bamoun est de la dynastie de Nchare Yen.

J’avoue que l’expression « serpent à deux têtes » est souvent mal comprise lorsqu’elle est utilisée pour désigner les Bamoun. Cela est souvent associé à la sournoiserie et à la traîtrise. Pourtant, la réalité de ce symbole est autre. Moi-même je le pensais car ma mère en parlait souvent. Mais ça, c’était bien avant que je ne couvre le festival Ngoun et que l’histoire soit racontée par un vieillard.

Lire aussi : Le festival Nguon, aussi populaire qu’incontournable

Origine du serpent à deux têtes

L’origine de ce serpent est liée à la guerre de MAPOU qui a eu lieu vers le début du 19ème siècle entre le roi MBUEMBUE (MBUOUMBUO) d’une part et les POU de l’autre côté.

Les Bamoun se battaient contre les POU depuis quelques années. Mais ceux-ci résistaient farouchement. De plus, ils disposaient d’un monstre effrayant conçu pour semer la terreur dans le camp adverse chaque fois que ces envahisseurs les acculaient dans leur dernier retranchement.

Le monstre était appelé Sânumpût (haut jusqu’à mordre le ciel). C’était un reptile artificiel géant qu’on utilisait de telle sorte qu’il passait la tête au-delà des branches pour menacer les guerriers Bamoun.

Cet engin infernal avait été conçu par Manchou, un serviteur du roi de MAPOU. Un jour Manchou fut sévèrement réprimandé par son roi pour une vague histoire de repas au palais.

Vexé et blessé dans son amour propre, il fit défection et passa dans le camp du roi MBUEMBUE à qui il dévoila le secret du Sânumpût et en fit la démonstration devant les guerriers au palais de Foumban.

L’année suivante, quand cessèrent les pluies, le roi MBUEMBUE reprit sa campagne contre les MAPOU et lorsque sortit le monstre Sânumpût, aucun guerrier Bamoun ne recula.

Alors que les Bamoun étaient sur le point de vaincre les MAPOU ; ils furent attaqués sur la frontière Ouest au bord du Noun par les Mgbètnka’. Le roi envoya un contingent de ce côté pour stabiliser la situation.

Quand il battit le roi POU, le roi se porta sur les bords du Noun avec le gros des forces et il battit les Mgbetnka. Le roi Bamoun obtint une double victoire et pour célébrer sa victoire, il décida d’en faire un symbole : Le serpent à deux têtes.

Photo aérienne du musée Bamoun. C :Tourismo Cameroun via Wikimedia

Symbolisant la toute-puissance de ce peuple qui a vaincu deux ennemis en même temps. Comme récompense, MANCHOU devint un grand notable du palais Bamoun.

Le serpent à deux têtes est le symbole de la double puissance du roi MBUEMBUE. On sculpta désormais ce symbole sur les lits, les sièges et d’autres objets royaux exclusivement.

C’est donc ainsi que le 19e roi Ibrahim Mbombo Njoya signe la paternité et le 20e roi au trône Mforifoum Mbombo Njoya Nabil l’achèvement. Pendant de nombreuses années de réflexion et de travail acharné, le roi Ibrahim Mbombo Njoya a voulu laisser une trace indélébile à l’instar des illustres rois qui l’ont précédé tel son père.

https://twitter.com/culturebene/status/1779128228679987517

13 avril 2024, jour historique pour le peuple Bamoun

Jour d’inauguration, jour d’allégresse, avec pour prestigieux témoin le représentant personnel du chef de l’Etat :

« J’adresse les félicitations du gouvernement à sa majesté Nabil Mforifum Mbombo Njoya, sultan Roi des Bamoun pour cette impressionnante réalisation »

félicite Bidoung Kpwat, ministre des arts et de la culture. Représentant personnel du chef de l’État.

À Foumban, ils sont venus nombreux, membres du gouvernement, du corps diplomatique, chefs traditionnels, hauts dignitaires et surtout les fils Bamoun mobilisés comme jamais.

https://twitter.com/culturebene/status/1779079110301479139

Le musée bâti sur 3 555 m2 permettra l’exposition de la collection de quelque 12 500 objets d’art. Le coût de réalisation est estimé à près de 2 milliards de Francs CFA.

L’histoire architecturale de ces joyaux pour moi, devrait être un livre exceptionnel. Édouard Herriot n’avait pas eu tord lorsqu’il disait que la culture c’est tout ce qui demeure dans l’homme lorsqu’il a tout oublié.

Je suis tellement heureuse de voir un peuple fier, conquérant, ambitieux, célébrer et mettre en lumière ses héros passés ; tout en se souvenant des aspects de son histoire tumultueuse.

C’est culturel et magique.
J’en suis fan. Et toi alors ?

Avec tout mon amour et mon respect, Badal.


À la découverte d’un marché peu ordinaire…

De passage le temps d’un week-end à Bafou, à l’ouest Cameroun, j’ai appris énormément de choses sur le marché Meya du village Bafou. De son évolution à son déclin, je t’en dis plus dans ce billet.

Il y a plus d’une semaine, j’étais à l’ouest. Mais pas dans mon département d’origine. J’étais dans la Menoua à Dschang. J’y suis allée pour assister un très grand ami qui « pleurait » son père comme on le dit ici chez nous. En fait, sa famille faisait les funérailles de son papa, décédée 4 ans plus tôt.

Image d’une carte du Cameroun et des captures d’écran du département de la Menoua (Dschang), et du du village Bafou. C: Un montage de moi-même fait sur Canva avec des photos prises sur Pixabay et des captures d’écran de Google Maps.

En route pour Bafou…

Pour l’accompagner dans ce moment important, je suis partie de Douala pour Bafou. Un village dont je ne connaissais que le nom.

Arrivée au petit matin de la cérémonie à la gare routière de Dschang, j’ai pris un taxi-brousse qui m’a laissé non loin de l’école publique du village. Mon ami devrait m’y attendre mais chose curieuse, il n’y était pas.

Moi, après avoir constaté l’absence de mon ami Joël. C : Badal Fohmoh

Après plusieurs appels, j’ai dû suivre ses instructions. Trouver une moto depuis ma position n’a pas été chose facile.

Le jour se levant, toutes les motos et véhicules qui passaient étaient pleins de passagers et ou de vivres. C’est un papa revenant de la chefferie qui m’a gracieusement apporté son aide. Au premier contact, il a su que j’étais étrangère. Il m’a fait comprendre que c’est jour de marché à maya.

Des habitants des villages voisins venus faire le marché à Bafou embarquant pour leur territoire. C : Badal Fohmoh

Je n’ai pas hésité à lui donner les raisons de ma présence. Chemin faisant, il m’a conté l’histoire que tu liras dans les prochains paragraphes.

Récit d’un septuagénaire

Au cœur des collines verdoyantes du pays Bamiléké se trouve le village Bafou, connu pour sa riche histoire et sa culture vibrante. Au sein de cette communauté centenaire, le marché Meya a longtemps été le point de convergence des échanges hebdomadaires, tissant des liens sociaux et économiques essentiels pour ses habitants. Cependant, l’histoire de ce marché emblématique est aussi celle d’une évolution et d’un déclin marquants.

Un passé glorieux

Autrefois, le marché Meya était le poumon économique et social de Bafou. Les ruelles animées étaient un véritable dédale où se côtoyaient les odeurs enivrantes des épices, les couleurs chatoyantes des tissus et l’effervescence des échanges commerciaux. Chaque semaine, les habitants se rassemblaient pour acheter, vendre et partager les nouvelles du village.

Les causes du déclin

Au fil des années, le marché Meya a connu un déclin progressif, alimenté par plusieurs facteurs. L’exode rural, première cause de cette chute a entraîné le départ des jeunes à la recherche de meilleures opportunités économiques, laissant derrière eux une population vieillissante et moins active. De plus, la construction d’une route goudronnée reliant Bafoussam à Dschang a facilité l’accès à d’autres marchés, détournant ainsi une partie de la clientèle locale.

Les défis actuels

Aujourd’hui, le marché Meya est un spectre de son passé glorieux. Les étals vides et les ruelles désertes témoignent de son déclin, tandis que la question foncière complexe entrave toute tentative de revitalisation. Les héritiers des propriétaires terriens sont dispersés et désunis quant à l’avenir du marché, laissant ainsi un terrain propice à l’abandon et au délabrement. L’effervescence actuelle n’est rien comparée à celle des années antérieures.

Le récit de papa Noumedem est certes court, mais emprunt d’une histoire culturelle mémorable. Et dont la plupart des marchés de nos villages connaissent ou ont connu.

C’est avec plaisir et sourire que nous nous sommes séparés au carrefour Lessing où m’attendait mon ami Joël. Qui lui, a été surpris de me voir discutant et riant à gorge déployée avec un inconnu vieillard.

Tout cela m’a rappelé la nature première de l’homme : la bonté. Chaque fois que j’irai à Bafou ou que quelqu’un me parlera de ce village, je me souviendrai de papa Noumedem.

Jusqu’à présent, cette expérience me donne toujours du sourire quand j’y pense. Et toi, as-tu aussi déjà vécu une expérience pareille ? C’était où ? Quand ? À quelle occasion ? Raconte-la moi en commentaire.

Avec tout mon amour, Badal.

C : Badal Fohmoh


Les ODD au coeur de l’action sociale du secteur privé

J’ai pris part hier, 18 mars 2024 à Douala à l’engagement formel de sept entreprises de secteur privé à mutualiser leurs ressources pour des initiatives concernant les objectifs de développement durable

Ladite cérémonie s’est tenue hier, 18 mars 2024 au K-Hôtel dans le premier arrondissement de la ville. C’est devant un parterre d’invités que ces sept entreprises du secteur privé dont MTN Cameroon, ont signé le lancement officiel d’une alliance avec pour but de s’unir pour des projets tournant autour des objectifs de développement durable.

Les représentants des entreprises fondatrices de l’alliance lors de la présentation du projet. C: Badal Fohmoh

Face au défi mondial un seul langage (une seule santé, un seul objectif…), l’action sociale de chaque entreprise se doit d’obéïr à un canevas qui avoisinent ceux des ODD.

De New-york à Douala, de Paris à Huawei, on ne parle qu’un seul langage: celui de la préservation globale de l’environnement. C’est dans cette optique que MTN Cameroun, Chanas Assurance, Dangote cement Cameroun, IHS Towers, MW DDB et UBA Cameroon ont lancé la plateforme « One Goal Alliance » à Douala.

L’objectif de l’alliance

Pour ces entreprises, l’objectif est de mettre en commun leurs ressources afin de contribuer davantage au progrès socio-économique du Cameroun. Les domaines d’intervention seront prioritairement axés sur l’éducation, la santé, la disponibilité d’eau potable, l’inclusion des communautés vulnérables, l’égalité des genres, la préservation de l’environnement et l’éthique en affaires.

« Nous menons déjà des actions dans ce sens mais l’objectif avec l’alliance est de vraiment aller plus loin. Ensemble, c’est toujours plus productifs »

explique madame Mitwa Ng’ambi, directrice générale de MTN Cameroon

Le représentant résident du programme des nations unies pour le développement (PNUD), monsieur Martin Hart-Hansen a rejoint cette initiative louable des entreprises du secteur privé qui visent à mutualiser leurs ressources pour la promotion du progrès socio-économique.

Monsieur Martin Hart-Hansen, représentant résident du programme des nations unies pour le développement prenant part à la cérémonie. C: Celcom MTN Cameroun (avec leur consentement)

Les entreprises désireuses de rejoindre One Goal Alliance peuvent se rapprocher de celles fondatrices. Pour rappel One Goal Alliance est une plateforme ouverte à tous.


La vraie fausse identité des footballeurs…

Le sujet de la double identité des joueurs fait polémique dans l’espace public. Au Cameroun, la Fecafoot a publié lundi 11 mars, la liste des joueurs autorisés à disputer la phase finale du championnat national. 62 d’entre eux manquent à l’appel, dont Wilfried Nathan Doualla, plus jeune joueur de la dernière CAN et ses 17 ans supposés.

La nouvelle fait couler beaucoup d’encres et de salives. C’est le sujet de presque toutes les conversations actuelles. En tant que férue de football, impossible pour moi d’en faire fi.

Mon avis

Je ne comprends plus les Camerounais. Entre un demi milliard qui aurait été volé dans le bureau d’un ministre et une exclusion temporaire (en attendant la liste définitive) d’un footballeur pour double identité, les camerounais mettent tous leurs organes (comme on dit ici chez nous) sur une histoire d’un jeune homme qui n’a peut-être rien demandé pour en arriver là. C’est incroyable ! La chose publique ne leur dit plus rien (rires). On parle bien d’un demi milliard de franc cfa – de 500 millions bon sang ! Cet argent peut aider à digitaliser le système.

Au-delà du football, la double identité est un vrai sujet national. Les camerounais me font rire. Ils font genre – ils sont vraiment surpris par cette affaire d’âge. MDR les camerounais ont un vrai souci avec leurs actes de naissance. Et cela mine tous les secteurs de la vie quotidienne : football, fonction publique, les voyages à l’étranger, l’armée, le secteur privé… et pour toutes sortes de raisons : « on coupe, on va à Kumba ». Si toi aussi, tu ne vois pas de corrélation entre le cas de Nathan Douala et la disparition d’un demi-milliard de francs chez un haut fonctionnaire d’État tant pis pour toi. Les deux sont liés par tous les maux qui minent la société camerounaise à l’heure actuelle.

https://twitter.com/Sombreinconnu/status/1767207667959779775

Je suis certaine que si on mène une sérieuse enquête, tout le pays sera en mode faux. C’est trop grave ce à quoi on assiste lol. Et ça montre à suffisance les lacunes de notre système.

Plus récurent en Afrique, le phénomène de la double identité dans le football est connu de tous. Surtout qu’en Afrique, l’âge est un secret plus que la nudité. Et c’est déplorable car l’homme est capable de cacher son âge et laisser sa nudité sans problème. La Fecafoot ne passe donc pas par une crise comme certains le disent dans les médias. Ce n’est pas une crise. C’est le ménage. Eto’o et son comité changent ce qui a toujours existé. Je crois qu’ils régularisent juste les institutions pour améliorer la formation.

La solution ultime : investir dans la formation

Je ne cesse de dire chaque jour que la priorité doit être retenue sur l’organisation de nos championnats amateurs afin que nous ayons des repères infinis sur nos talents. Pour connaître très bien un joueur et avoir des informations réelles sur lui, il faut le suivre dès ses débuts. Les championnats amateurs sont les meilleures plateformes de développement et de suivi des talents locaux. Ces championnats implantent en chaque joueur un esprit d’appartenance au Cameroun car où qu’il parte, toutes les fois qu’il pensera à son parcours, il pensera au Cameroun. Les joueurs comme Régis Mughe et Carlos Baleba manquent cela lorsqu’ils se demandent : qu’est ce que le Cameroun a fait pour moi ?

Si nous n’allons pas à la base, nous ne resterons qu’à courir derrière les binationaux qui ne connaissent pas et ne connaîtront jamais vraiment assez ce que c’est que de porter un maillot vert-rouge-jaune. C’est la principale raison du manque de dévouement (hemlè) dans notre équipe actuelle.

C’est pourquoi je pense toujours que Samuel Eto’o doit redéfinir sa version de grandeur qu’il veut redonner à notre football car on ne grandit pas sans être petit. C’est la voie normale pour rendre notre dignité et notre honneur. Ce qui n’est pas admis ailleurs ne doit pas être pratiqué chez nous. NON à la stigmatisation !

Moi, présidente de la Fecafoot

(Rires) Oui, je parle bien de moi. Tu ne lis pas mal (rires). Moi à la place de Samuel Eto’o, en qualité de présidente de la fédération camerounaise de football, je donnerai une petite chance à tous les joueurs des trois championnats d’élite (1, 2 et Guinness Super league) en leur accordant deux semaines ou un mois maximum afin que chacun vienne se dénoncer. Et ceci, avec son vrai et authentique acte de naissance à l’appui.

Puis, j’associerai le ministère de la justice, le ministère des sports et de l’éducation physique, ainsi que le bureau national de l’état civil en vue de traquer tous les acteurs et bénéficiaires d’actes d’état civil contrefaits.

Parce que, quoi qu’on dise, la double identité est un délit. Et comme on le dit dans le jargon juridique : Dura Lex, Sed lex (la loi est dure mais c’est la loi).
Donc, si au moment de convoquer Wilfried Nathan Doualla pour la CAN, la Fecafoot était au courant de cette manœuvre, c’est clair que le Cameroun ne disputera pas les deux prochaines éditions de cette compétition continentale. Cette disposition comprise dans le règlement de la CAN, en son chapitre 20, précisément les articles 45, 46 et 47 stipule :

Capture d’écran de quelques articles de la la CAF. Règlement de la CAF. C : CAFonline

Sinon, je salue cette décision de la Fecafoot qui va sans doute mettre de l’ordre dans les clubs et décourager ceux qui voudront le faire. Je pense que c’est un des combats du comité exécutif.
Il n’est jamais trop tard pour bien faire. Et laisse-moi te dire qu’avant de détecter un joueur double identité, il faut faire des enquêtes approfondies. Ce n’est pas une décision qu’on prend comme ça à la volée. Depuis qu’on parle de l’âge de Christian Bassogog, pourquoi la FIFA ne parvient-elle pas à le suspendre ? Certainement parce qu’elle n’a aucune preuve tangible.

On a déjà démontré aux Camerounais que leur vrai souci c’est Eto’o et dérivés. Je me dis toujours que c’est pourquoi il y’a trop de bavardages et voir même de railleries quand une information concerne cette institution. Il n’y a pas que le football bon sang ! À bien y regarder, la Fecafoot comme les mairies, les hôpitaux, c’est une mafia de 60 ans. Je jure que si on t’explique le Cameroun et tu comprends, c’est qu’on t’a mal expliqué (rires).

Au final même, je ne comprends toujours pas pourquoi on parle de Nathan Doualla comme si il était le seul footballeur dans cette situation.

Toi, tu y comprends quelque chose ?

Avec toute mon analyse, Badal.


Boxe : Ngannou K.O face à Joshua

Ngannou, ancien champion des poids lourds de l’UFC, a fait une incursion dans la boxe avec un combat contre Tyson Fury en octobre 2023, avant d’affronter vendredi 8 mars, Antony Joshua.

Les deux combattants se sont croisés pour la première fois des semaines plus tôt, avant leur combat d’hier. Comme tout le monde, j’ai pu constater que Fury est bien plus grand de taille que Ngannou. Mais bon, ce sont les coups de poings qui comptent…

Avant que je n’arrive sur ma perception du combat de vendredi, laisse-moi te parler d’un vendeur hors échelle.

Ngannou, le vendeur du siècle

Tu sais, savoir capitaliser chaque étape du processus en tant que sportif ou entrepreneur, peu importe le secteur d’activité est très important. Je crois vraiment que Francis Ngannou est un exemple.

Francis Ngannou. C : X2o via Wikicommons

Le combat contre Joshua, organisé à Riyad, en Arabie Saoudite, était un évènement majeur qui a mis en évidence le pouvoir d’attraction et la rentabilité de Ngannou dans le monde de la boxe.

Sur le plan financier, le combat a été très rémunérateur pour les deux boxeurs. D’après les estimations du magazine américain Forbes, Francis Ngannou, ancien champion des poids lourds de l’UFC désormais au Professional Fighters League (PFL), devrait recevoir environ 20 millions de dollars (soit environ 12 milliards 1 million 661 mille 29 f cfa pour ce combat. WoW !). C’est pratiquement le salaire des milliers d’Africains pour toute leur vie de travail en seulement quelques minutes de combats.

Au-delà du fait que cet argent sera partagé avec toute son équipe, cela lui procure une énorme visibilité et lui ouvre la voie vers de multiples nouveaux partenaires. Et lui permet inévitablement de se positionner encore plus haut sur la scène.

Au-delà des gains monétaires, l’aventure de Ngannou dans le MMA démontre la polyvalence et l’adaptabilité nécessaire dans le paysage sportif et entrepreneurial moderne.

Je trouve que cette approche stratégique de la gestion de carrière illustre bien le sens des affaires qui se cache derrière le sport de haut niveau. Car les athlètes du calibre de Ngannou peuvent utiliser leur marque et leurs compétences sur plusieurs plateformes, maximisant ainsi leurs gains tout en élargissant leur base de fans.

Surtout que la reconversion stratégique de Ngannou vers la boxe, malgré les risques de défaite, montre les gros risques calculés que les athlètes sont prêts à prendre pour plus de plus grandes récompenses.

Bref, revenons au combat.

Joshua Vs Ngannou : le combat des géants

Le combat très attendu des deux hommes qui ont notamment dominé leur domaine à savoir la boxe et le MMA a capté l’attention de plus d’un.

De combat, il n’y a en vraiment pas eu. Vainqueur par K.O dès le second round face à Ngannou, Joshua a par la même occasion redoré son blason après ses échecs contre Andy Ruiz (2019), et Alexandre Usyk (2021 et 2022).

Antony Joshua. C : Steven Batty via Wikicommons

L’opposition s’est tenue dans un ring de boxe traditionnel selon les règles de la boxe anglaise, c’est-à-dire sur 10 rounds. Le britannique Antony Joshua était le grand favori de cette partie.
Car, pour gagner un boxeur de prédilection, il faut exactement un K.O pour s’affirmer. Surtout du moment que c’est serré dans le comptage, c’est généralement le boxeur régulier qui en sort vainqueur.

Mon commentaire

Francis Ngannou n’a pas tenu le choc contre Antony Joshua sur 10 rounds, pour son deuxième combat de boxe. Il n’a même pas réussi à lui infliger un Knockdown !
Les avis sont partagés sur la toile. Entre amateurs et professionnels de la boxe, c’est intéressant de lire tout le monde.

Et avec du recul, je me dis que Francis doit encore progresser techniquement pour espérer battre les meilleurs boxeurs du monde. Même s’il a voulu imposer son rythme au départ, un coup droit en pleine face de son adversaire l’a fait tomber.

Après, il faut reconnaître que Ngannou ne s’est pas assez préparé pour ce combat comme celui contre Fury. Sa performance antérieure l’a trompé. Je ne sais pas si on a vu le spectacle de la même façon mais, le Joshua que j’ai vu hier peut facilement battre Fury actuellement.

En plus, on avait quelqu’un qui pratique la boxe anglaise depuis longtemps contre quelqu’un en tout début de reconversion.

Sinon, j’admire le courage de Francis. Il ne se met aucune limite. Partir du MMA pour la PFL en se frottant aux meilleurs du milieu : c’est très audacieux !

Sinon, quand il est tombé K.O, j’ai d’abord cru que je rêvais (rire). Le coup de poing ne m’a pas semblé assez lourd. Comme on dit, la défaite fait partie du processus. Il n’y a que des flemmards qui sont fans des victoires sans embûches.

Francis saura mieux se préparer la prochaine fois. Qu’il ne lâche pas !

Aussi, Joshua l’a encouragé et félicité. Comme l’indique cette vidéo du media La sueur, j’ai trouvé le message derrière la non célébration de sa victoire très fort et poignant : la boxe aux boxeurs et le MMA aux combattants de cette discipline.

D’ailleurs, Nadal ne va pas célébrer s’il gagne contre Haland au tennis… ce serait débile, bizarre même.

Et toi, quelle est ta lecture de ce combat ?

Avec tout mon sens critique, Badal.


8 mars : ma sélection de films à (re)voir

À l’occasion de la journée internationale des droits des femmes, je reviens sur ces films qui ont fait avancer la cause féministe. Classiques du cinéma ou productions indépendantes, ces longs-métrages abordent des sujets différents et inspirants.

Le 8 mars est une journée spéciale où nous célébrons les réalisations, la force et la résilience des femmes du monde entier. C’est une journée de réflexion où nous pouvons explorer comment nous pouvons favoriser la diversité et l’inclusion, encourager l’égalité des sexes qui restent un défi majeur, créer un environnement de travail où chacun peut s’épanouir et réaliser son plein potentiel.

Dans ma collection de films à (re)voir cette journée, j’ouvre le bal avec Une femme d’exception.

#1- Une femme d’exception

Avec quelques libertés, le film raconte l’histoire vraie de Ruth Bader Ginsburg. À 85 ans, elle est devenue une légende aux États-Unis et siège à la Cour suprême, la plus haute instance de justice du pays. Dans ce film, tu verras comment une jeune avocate qui peine à trouver un emploi (pas de femme ici, voyons !) va bouleverser la justice américaine en lui ouvrant les yeux sur les inégalités entre les hommes et les femmes face à la loi.

Bande-annonce du film Une femme d’exception: C: : YouTube

Puis, je me suis intéressée aux jeunes filles présentes dans le film Mustang.

#2- Mustang

Réalisé par Denis Gamze Ergüven, MUSTANG est un film Turc qui relate l’histoire de cinq sœurs. Elles vont tenter de défaire les mœurs archaïques qu’elles subissent et découvrir une liberté encore taboue. Parce qu’elles ont joué avec des garçons sur la plage, les cinq héroïnes se retrouvent au cœur d’un scandale. Ce film poignant raconte leur désir de liberté et la façon dont elles vont se battre contre leur propre famille pour y accéder.

Bande-annonce du film Mustang. C: Youtube

Après MUSTANG, vient MOXIE.

#3- Moxie

C’est l’histoire de Vivian, une jeune adolescente qui bouleversera l’ensemble de son école. Dans le lycée de Vivian, tout le monde a l’habitude de fermer les yeux devant les comportements sexistes. Mais l’arrivée de Vivian avec son regard révolté va faire bouger les lignes. En secret, Vivian lance un magazine féministe : « Moxie »… Plein de rage, d’espoir et d’entraide.

Disponible sur Netflix, MOXIE est un film parfait pour saisir le sexisme que peuvent subir les adolescentes. Et il a une super bande-son !

Bande-annonce du film Moxie. C: Netflix/Youtube

#4- BATTLE OF THE SEXES

J’ai regardé récemment sur Disney Battle of the sexes. C’est la preuve des inégalités dans le monde du sport. Un sujet que j’ai abordé hier et qui prouve que l’inclusion n’est pas toujours effective dans ce secteur.

Battle of the sexes c’est l’histoire d’un ancien numéro 1 mondial de tennis qui veut ridiculiser la plus grande championne du moment. Il la harcèle pour qu’elle accepte de jouer un match contre lui… Derrière ce match anecdotique (mais tiré d’une histoire vraie), le film raconte le parcours du combattant imposé aux sportives pour être prises autant au sérieux que leurs camarades masculins. C’est rageant.


Et enfin, Les filles du docteur March.

#5- LES FILLES DU DOCTEUR MARCH

C’est encore une histoire de sœurs. C’est l’histoire de quatre sœurs, quatre destins dans une époque où les femmes et les jeunes filles n’ont aucun droit, si ce n’est celui de sourire, d’être complaisantes et de se marier à la fin de l’histoire. Avec une complicité extraordinaire entre ses actrices, cette adaptation d’un roman célèbre va te tirer des larmes.

Bande-annonce du film les filles du docteur March. C: Youtube

C’est tout pour cette collection de film. Entre sexisme, empowerment, romance, fresques historiques ou mème héroïnes fantastiques, le cinéma traite le féminisme sous tous les angles.

J’espère qu’ils te permettront de comprendre toute la lutte derrière cette journée. Et surtout que les femmes comprendront que le 8 mars existe pour qu’elles soient libres tous les jours de l’année. Mon souhait est qu’elles cessent de se cacher derrière les rôles de mères, d’épouses, de directrice… et qu’elles se choisissent aujourd’hui, demain et tous les autres jours de leurs vies.

N’oublies pas de prendre soin de toi !

Avec tout mon amour, Badal.


Changement climatique : le Cameroun se forme pour lutter contre les gaz à effet de serre

Sous le haut parrainage du ministère de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable (Minepded) et en partenariat avec Promesse Climatique, le programme des nations unies pour le développement (PNUD) a organisé depuis lundi à Douala, l’atelier technique de formation des experts sur les mesures d’atténuation des gaz à effets de serre.

La salle Royal Palm de l’hôtel Akwa Palace, de Douala sert du 4 au 8 mars, de lieu de théâtre d’un échange sur l’atténuation des gaz à effets de serre conformément à l’accord de Paris (2015).

Indicatif du lieu de la formation. C: Badal Fohmoh

La cérémonie d’ouverture a été marquée par la présence de monsieur Martin Zeh-Nlo, représentant résident assistant du chef de l’unité développement durable et résilience climatique du PNUD au Cameroun, de monsieur Sidaty Eida, chargé du renforcement des capacités en changement climatique des pays francophones et le représentant de monsieur le ministre de l’environnement, de la protection de la nature et du développement durable (MINEPDEP), monsieur Timothée Kagonbé.

Les objectifs de l’atelier

Avec le soutien de la Belgique, l’atelier de formation aux GL IPCC 2006 (Lignes directrices du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat pour l’établissement des rapports sur les inventaires des gaz à effet de serre), IPCC 2006 software (Logiciel développé par le GIEC pour calculer les émissions et les absorptions de gaz à effet de serre par secteur) et les mesures d’atténuation. Cet atelier, qui se tient du 4 au 8 mars 2024 à l’hôtel AKWA PALACE à Douala, a pour objectif de :

  • renforcer les capacités des experts nationaux sur les méthodologies d’inventaires, des émissions/absorptions de gaz à effet de serre avec l’outil IPCC 2006
  • mettre en place une base de données d’experts aguerris qui pourront concevoir des systèmes en prenant en compte les rôles et les responsabilités des différentes parties prenantes.
  • ⁠réduire les risques d’émission des gaz à effets de serre conformément à l’accord de Paris et à sa ratification
  • permettre d’évaluer le développement en terme de projections à différents niveaux.
  • créer un instrument stratégique afin de soutenir la prévention et réduire les risques en matière de transparence climatique
  • ⁠mettre à disposition des pays francophones des appuis en matière de prévention des gaz à effets de serre en créant des valeurs ajoutées pour des outils comme la stratégie long terme.

L’essentiel à retenir

L’atelier réunit une vingtaine de participants, issus des secteurs public, privé, académique et de la société civile, impliqués dans la lutte contre le changement climatique au Cameroun. Il a été inauguré le lundi 4 mars, par le représentant du Ministre de l’Environnement et de la Protection de la Nature et du Développement Durable (MINEPDED) et l’Assistant du Représentant Résident du PNUD au Cameroun, Dr. Martin ZEH-NLO. Ils ont souligné l’importance de cet atelier dans le cadre de la mise en œuvre de la Contribution Déterminée au niveau National (CDN) du Cameroun.

Messieurs les représentants du résident PNUD au Cameroun et du MINEPDEP. C : Badal Fohmoh

L’atelier est animé par des formateurs officiels du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), qui présentent les lignes directrices du GIEC pour l’établissement des rapports sur les inventaires des gaz à effet de serre, ainsi que le logiciel IPCC 2006, qui permet de calculer les émissions et les absorptions de ces gaz par secteur. Les participants bénéficient également de sessions pratiques sur le logiciel, basées sur des exercices par secteur (énergie, agriculture, forêt, déchets, etc.), ainsi que sur des analyses de données complexes, telles que les séries temporelles, les incertitudes et les catégories clés.

Aperçu de la salle de formation. C : Badal Fohmoh

L’atelier permettra aux participants d’acquérir des connaissances et des compétences nécessaires pour réaliser des inventaires de gaz à effet de serre de qualité, conformes aux normes internationales et aux exigences du cadre de transparence renforcé de l’Accord de Paris. Il favorise également les échanges et le partage d’expériences entre les différents acteurs impliqués dans le processus d’inventaire au Cameroun. Les participants expriment leur satisfaction et leur intérêt pour cet atelier, qui constitue une opportunité pour renforcer les capacités nationales sur les inventaires des gaz à effet de serre, le système de Mesure, de Rapportage et Vérification (MRV), et les outils de suivi des progrès de la mise en œuvre de la CDN.

L’atelier se clôturera vendredi prochain, 8 mars par une cérémonie de remise des certificats de participation, en présence des représentants du MINEPDED, du PNUD et de la Belgique. Les organisateurs félicitent les participants pour leur implication et leur engagement, et les encouragent à poursuivre leurs efforts pour contribuer à la lutte contre le changement climatique au Cameroun. Ils remercient également les partenaires techniques et financiers, notamment la Belgique, pour leur appui à la réalisation de cet atelier. Ils annoncent enfin la tenue prochaine d’un autre atelier sur les mesures d’atténuation, qui viendra compléter la formation sur les inventaires des gaz à effet de serre.

J’espère que la question du changement climatique t’intéresse, ou du moins, que tu feras désormais plus attention a la nature et a ton environne. D’ici là, prends soin de toi.

Badal


Cameroun: Non, Issa Hayatou n’est pas mort

Depuis vendredi 1 mars 2024, des informations devenues virales et circulant sur les réseaux sociaux notamment Facebook et WhatsApp annoncent la mort de l’ancien président de la CAF, le Camerounais Issa Hayatou.

J’ai vérifié et la réponse est NON.

Vérification

Cette publication du lanceur d’alerte camerounais Nzui manto indiquant « le décès de l’ancien patron du football camerounais et africain » comptabilise 3405 réactions, 559 commentaires et 95 partages. Quelques heures après, le lanceur d’alerte à publié un autre post dans lequel il admet s’être trompé, et présente ses excuses à la famille.

Information relayée par Neui manto, lanceur d’alerte camerounais sur Facebook. C : Capture d’écran de Badal Fohmoh

L’infox a été reprise par plusieurs autres pages d’information comme Booky Magazine.

J’ai recoupé l’information auprès de plusieurs sources et il en ressort après investigation que, Issa Hayatou est bien en vie. En dépit son état de santé critique, l’ancien président de la Fecafoot, de la CAF et ex président de la FIFA (par intérim d’octobre 2015 à février 2016) est bel et bien vivant et se trouve en ce moment en soin intensif du côté de Paris.

D’après le confrère Njie Enow du clan Hayatou : « Il y a quelques minutes, j’ai parlé à l’un des fils adoptifs du président Hayatou qui est lui-même surpris par la nouvelle et qui m’a confirmé que Hayatou N’EST PAS MORT ».

https://twitter.com/NjieEnow/status/1763672125280309348

Conclusion

Il s’agit d’une fausse information. Le président Isss Hayatou est bien en vie. Bien que diminué, il est toujours en vie et en soin dans un hôpital à Paris.

Badal