Lettre à Mondoblog

Article : Lettre à Mondoblog
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24 juin 2025

Lettre à Mondoblog

Cher Mondoblog,

Je t’écris les yeux embués. Pas pour publier un article. Pas pour répondre à un commentaire. Pas pour une sollicitation. Mais pour te dire ce mot que je n’arrive toujours pas à accepter : au revoir.

J’ai repoussé ce moment depuis l’annonce. J’espérais un sursis, une issue, un miracle. Mais il faut me rendre à l’évidence : on va se quitter. Et je ne suis pas prête. Je ne le serai sans doute jamais.

Je me souviens de ce 12 mai où j’étais tellement contente de partager ma sélection avec mes amis sur les réseaux sociaux. 4 jours après mon 26e anniversaire… Et là, j’ai mal. La nostalgie est là.

Quelle sensation de relire ce mail. C: Mondoblog

Tu n’es pas qu’une plateforme. Tu es un refuge, une école, un tremplin, une famille.Tu m’as accueillie quand je ne savais pas encore que ma plume pouvait compter. Tu m’as révélé au monde, à moi-même. C’est chez toi que j’ai trouvé ma voix. C’est avec toi que je me suis tenue debout. Tu m’as appris à écrire pour dire, mais aussi pour faire, pour réveiller, pour questionner. Tu m’as donné des lecteurs, des repères, des critiques aussi, justes et exigeantes. Grâce à toi, j’ai été primée plusieurs fois, j’ai rencontré des plumes du monde entier, j’ai grandi.

Te souviens-tu de ce portrait ? C: Mondoblog

Et aujourd’hui, alors que je finalise mon premier livre, un livre profondément nourri de toi, un livre qui parle de blogging, d’engagement, d’écriture en résistance, je réalise avec douleur que je ne pourrai même pas le présenter sur tes pages. Tu n’y seras pas, alors que certains chapitres te sont entièrement dédiés.

Et rien que ça… ça me brise.

Je n’ai même pas le cœur à chercher un éditeur actuellement. Je n’ai pas la force d’y croire, sans toi en toile de fond. Je suis vide. Je suis triste. Et j’ai perdu les mots. Ces mots que tu m’a appris à dompter.

En vérité, je n’ai pas encore intégré que tout ça s’arrêtera bientôt. J’écris cette lettre comme on retient un souffle, comme on cherche un dernier regard avant le départ.

J’ai mal. J’ai la gorge nouée. Et mes larmes glissent, silencieuses, entre mes phrases.

Mais je veux quand même te dire merci.

Merci pour chaque relecture, chaque échange, chaque camaraderie à distance. Merci pour les nuits blanches, les idées, les orientations, les invitations, les découvertes, les passions partagées. Merci à toute l’equipe. Merci à Inès Emprin, à Severine Peyron, à Tanguy Lacroix, à Camille Deloche et à tous les autres. Merci. Merci à tous les blogueurs et blogueuses de la communauté. Merci pour vos billets. Merci pour m’avoir montré que ma voix valait quelque chose, que je pouvais écrire le monde à ma manière, sans permission.

Ma fierté restera. C: Badal FOHMOH

Je garde de toi la rigueur, l’audace, la flamme, la diversité, l’inclusion… Et je promets de continuer à écrire. Pour les femmes, les enfants, les silences à combler, les causes oubliées. Pour tous ceux qui, un jour, auront besoin d’un espace pour s’élever à leur tour. N’oublie pas de faire un tour prochainement, dans mon nouveau refuge. Un blog qui portera toujours mon nom, même s’il quittera de .org à.com…

Tu t’éteins peut-être, mais tu m’as allumée. Et ça, rien ni personne ne pourra l’éteindre.

Merci pour ce souvenir. C: Camille Deloche

Avec tendresse et douleur,

Badal Fohmoh

Blogueuse. Debout. Pour toujours.

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