La sexualité à l’ère du numérique
Il y a quelques jours, je suis involontairement tombée sur une vidéo qui parlait sexualité. Ce qui a le plus attiré mon attention, c’est la liberté avec laquelle la personne en parlait. Plus encore, dans une vidéo. Et depuis lors, je ne cesse de m’interroge sur l’éducation sexuelle 2.0
Déjà, il faudrait avoir vécu sur une autre planète toutes ces dernières années pour ne pas avoir remarqué que les réseaux sociaux prennent de plus en plus une place prépondérante dans nos sociétés dites « modernes ». Que ce soit pour échanger, communiquer ou s’informer, les Facebook, X, Instagram et autres Youtube nous donnent de nombreuses options.
Si l’actualité, le divertissement, le japap (Kongossa) et le sport sont des sujets incontournables sur ces réseaux, il y a un qui est plus discret : l’éducation sexuelle. Il n’est cependant pas inexistant et constitue même pour certains une activité à temps plein.
L’education sexuelle 2.0
Aujourd’hui, le numérique transforme notre monde de multiples façons, et l’éducation sexuelle ne fait pas ou plus l’exception. Les jeunes et les adolescents ont désormais accès à une mine d’informations en ligne. Cela leur offre un boulevard d’opportunité pour mieux comprendre leurs droits en matière de santé sexuelle et reproductive, mais aussi et surtout d’élargir leur curiosité. Avec cette révolution numérique, il existe non seulement des outils innovants pour apprendre et s’informer, mais surtout des soit disants « adultes-influenceurs » qui banalisent le sexe à longueur de journée sur le meta. Ceci, tout en garantissant une accessibilité et une confidentialité sans précédent.

Entre tradition et modernisme
Toujours dispensée à l’école, l’éducation sexuelle a ses limites. Car les cours peuvent être incomplets, biaisés ou tout simplement embarrassants pour les élèves. Grâce à Internet, les jeunes ont accès à une éducation sexuelle 2.0. Les plateformes en ligne, les vidéos éducatives et les forums interactifs permettent d’aborder des sujets variés de manière plus détaillée. De plus, chacun peut apprendre à son propre rythme, revenir sur les informations importantes et approfondir les sujets qui l’intéressent le plus.
Les applications mobiles telles qu’Enabel sont également une ressource précieuse. Elles proposent des quiz interactifs, des articles et des conseils personnalisés. Elles facilitent l’accès à des informations fiables, validées par des experts en santé sexuelle. Avec ces outils, les jeunes sont mieux préparés pour prendre des décisions éclairées concernant leur santé et leurs droits.
Mine de rien, je m’interroge surtout parce que l’avènement des réseaux sociaux est venu briser « le mythe » de la sexualité. Je ne parle pas de son caractère tabou mais du mythe. Aujourd’hui, des adolescents de moins de 16 ans en savent sur le sexe mieux ou plus qu’un adulte de 34 ans…
L’accès universel des outils
L’un des plus grands avantages d’Internet est l’accès universel qu’il offre. Peu importe où une personne se trouve, tant qu’elle a une connexion internet, elle peut accéder à une multitude de ressources en matière de santé sexuelle et reproductive. Les sites web éducatifs, les blogs et les réseaux sociaux sont à portée de main. Par conséquent, en un clic, toute personne pourrait retrouver des sujets souvent négligés dans les programmes scolaires.
Par ailleurs, l’accès universel est particulièrement bénéfique pour les jeunes vivant dans des régions où l’éducation sexuelle est limitée ou inexistante. Conséquemment, les plateformes numériques comblent ce vide en fournissant des informations essentielles sur les droits sexuels, les méthodes contraceptives, les infections sexuellement transmissibles et bien plus encore. De plus, elles sont souvent disponibles dans plusieurs langues, rendant l’information accessible à un public global.

La confidentialité dans l’éducation sexuelle 2.0
La confidentialité occupe une place de choix lorsqu’il s’agit d’éducation sexuelle. Surtout celle 2.0. Beaucoup de jeunes hésitent à poser des questions ou à chercher des informations par peur du jugement ou des répercussions. Internet offre un espace sûr et anonyme où on peut poser des questions et des préoccupations sans se soucier de l’opinion des autres.
Les forums en ligne et les chats anonymes permettent de discuter librement avec des pairs ou des experts. Tout d’abord, les réponses sont honnêtes et sans jugement. Ensuite, les applications et sites web garantissent souvent la confidentialité des données. Ainsi, les utilisateurs se sentiraient plus en sécurité lorsqu’ils cherchent des informations personnelles.

Mon avis
Les réseaux sociaux sont une source d’informations inépuisable, particulièrement prisée des adolescents qui y sont très présents. Également utilisés par certains créateurs et créatrices de contenus comme des espaces de partage, tu peux y trouver de nombreuses ressources sur l’actualité, la politique, la vulgarisation scientifique, mais également d’autres sujets peut-être plus inattendus, tels que l’éducation à la sexualité. L’éducation à la sexualité en salle de classe, quel est véritablement le problème ? Ça, c’est une question à un million de dollars. 😅
Sincèrement, je crois que l’éducation sexuelle enseignée dans les écoles doit être revue. Non seulement en contenus mais également en formats. Parce qu’avec Internet et l’émancipation des jeunes, se limiter à la méthode traditionnelle pousse certains jeunes à aller sur le net pour en savoir davantage.
Surtout que chez nous, le sexe est toujours perçu comme un sujet tabou. La cerise sur le gâteau, l’accessibilité des ordinateurs, dans une société en manque de répères, vient intensifier la banalisation d’un sujet aussi important que l’éducation sexuelle. Si les sujets abordés sont sérieux, le ton reste en effet léger et la bonne humeur communicative des créateurs et créatrices de contenu permet de décomplexer les jeunes internautes pour qui la sexualité peut être un sujet tabou.

En fin de compte, combien de parents parlent même de sexualité avec leurs enfants à la maison ? Combien contrôlent les contenus que leurs enfants consomment au quotidien ? Peut-être tout part même de là…
Avec toute ma curiosité, Badal.