Afowiri Kizito Fondzenyuy : courir pour ceux qui n’ont pas de voix

Article : Afowiri Kizito Fondzenyuy : courir pour ceux qui n’ont pas de voix
Crédit: Afowiri (avec son consentement)
10 mai 2025

Afowiri Kizito Fondzenyuy : courir pour ceux qui n’ont pas de voix

Il y a quelques semaines, j’ai fait une belle découverte très impressionnante. Et ce soir, je la partage avec toi…

J’espère que tu apprécieras ma decouverte. Que tu aimeras chaque mot de ce billet de blog. Comme mentionné plus tôt, il y a pratiquement deux semaines, j’ai été contactée par une aînée pour prendre part à une conférence virtuelle. Celle d’un marathonien. A ma grande surprise, il ne portait ni culotte ni maillot sur les photos disponibles dans le press-book qui m’a été envoyé : mais plutôt un boubou. Et pas n’importe lequel… le toghu.

Afowiri, arborant toutes ses médailles sur son somptueux boubou en Toghu. Crédit : Afowiri (avec son consentement)

Sport et identité : l’exemple d’Afowiri

En parcourant le press-book en question, la phrase « Ne dis jamais que quelque chose n’existe pas parce que tu n’as pas encore vu » a pris tout son sens. Je croyais vraiment avoir tout vu, jusqu’à ce que je prenne part à cette conference. Et je constate qu’on peut faire du marathon, élégamment vêtu. J’ai été impressionnée. 😅

Allant dans ce sens, j’ai remarqué qu’il y a dans la foulée d’Afowiri Kizito Fondzenyuy, quelque chose de plus profond qu’un simple amour du sport. À chaque pas, à chaque souffle, il porte bien plus qu’un dossard. Il porte une histoire, une identité, une promesse. Celle de ne jamais oublier d’où il vient.

En prenant la parole, il affirmait avec fierté son identité culturelle, rappelant que l’on peut représenter son pays, son peuple et ses racines avec dignité, même sur les plus grandes scènes du monde. Le Toghu, porté dans un contexte aussi exigeant que le marathon, devient un symbole de résilience, de force intérieure et de mémoire collective.

Et puis, explicitement, il dit au monde : « Je suis Camerounais, Africain, et ma culture a toute sa place ici. » Mais il dit aussi à ceux qui viennent de communautés oubliées : « Tu n’as pas besoin d’effacer qui tu es pour réussir. »

En portant ce vêtement, il transforme chaque course en acte de plaidoyer culturel, en rappel vibrant que nos traditions ne sont pas un frein au progrès, mais une source de puissance, d’inspiration et de sens. J’ai trop adoré. 🥰

D’où vient ce marothonien ?

Originaire du Nord-Ouest du Cameroun, Afowiri ne s’est jamais éloigné de ses racines. Sur chaque ligne de départ, qu’il soit à Tokyo, à Boston ou en Antarctique, il porte fièrement le Toghu, ce tissu royal qui parle de force, d’honneur et de mémoire. Ce n’est pas qu’un vêtement. C’est un rappel. Une manière de dire : je suis là, pour moi, pour les miens, pour tous ceux qu’on ne voit pas.

Né un 26 décembre 1972, il aurait pu suivre bien des chemins. Il a choisi celui du service. Celui des causes qui comptent. En fondant Amom, une organisation qui tend la main aux enfants vulnérables, il a transformé sa vision en action. Plus de 20 000 enfants ont aujourd’hui accès à une éducation et à des soins grâce à cette initiative. Parce qu’il croit, profondément, que chaque enfant mérite une chance. Mais c’est en courant que son message résonne encore plus fort. 19 marathons sur 6 continents. 19 occasions de raconter une autre histoire de l’Afrique.

Ses récompenses

En 2024, à Tokyo, il entre dans le livre Guinness avec un record : celui du marathon le plus rapide couru en Toghu. Une fierté. Mais surtout, une victoire pour la culture qu’il représente. Puis, le 28 mars 2025, il pose les pieds sur la glace de l’Antarctique. Là, dans le silence blanc et le froid mordant, il court encore. 6 heures, 52 minutes, 47 secondes de lutte contre les éléments, mais surtout contre l’indifférence. Car au bout de cette course, il y a un rêve : construire une école inclusive au Cameroun pour les enfants autistes et ceux ayant des besoins particuliers.

Afowiri après sa course en Antarctique. Crédit : Afowiri (avec son consentement)

Afowiri ne court pas pour les médailles. Il court pour faire bouger les lignes. Pour sensibiliser. Pour bâtir. Pour inspirer. Il a reçu des récompenses, c’est vrai. Il a été salué par les institutions, reconnu par les plus grandes courses du monde. Mais sa plus belle victoire, il la voit dans les yeux des enfants qu’il soutient, dans les sourires qu’il redonne, dans les ponts qu’il construit entre sport, culture et espoir. Et ça, c’est MA-GNI-FIQUE.

J’ai énormément apprécié ce moment passé à ses côtés, même si c’était à travers un ecran. Car, Afowiri Kizito Fondzenyuy ne s’arrête pas. Parce que pour lui, courir, c’est aimer. C’est résister. C’est changer le monde, un pas à la fois.

Alors, satisfait de ma nouvelle découverte ? Dis-le-moi en commentaire…

Avec toute ma joie, Badal.

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